HRP : aventures pyrénéennes

HRP : aventures pyrénéennes

Jeudi 11 août : abri du lac de Caillauas

            Réveil 6h00 mais le temps est au mauvais, nous nous recouchons jusqu'à 7h30. Petit déjeuner au sec mais il ne tarde pas à se mettre à repleuvoir. Je refais mon sac en remettant tout dedans. Il est lourd à porter : cela faisait 5 jours que je marchais allégée. Et la tente mouillée a bien pris 500 g. Nous commençons à monter, le moral dans les chaussettes, qui ne tardent pas à baigner d'ailleurs. Il ne pleut pas très fort, le plafond nuageux est assez haut, 2800 m environ, mais le vent est rafraîchissant. Cette fois, il vient du nord ce qui devrait être bon signe, mais il semble nous ramener tous les nuages que le vent du sud nous avait apporté hier. La montée est longue, mais nous ne nous arrêtons pas, il fait trop froid.

 

 

            La pluie s'est arrêtée mais arrivés au col, le plafond nuageux descend et nous nous retrouvons dans le brouillard. Nous sommes à 2683 m, la température doit avoisiner les 0°C et le vent et l'humidité n'arrangent rien. Nous tentons de faire chauffer une soupe dans un endroit un peu moins venté. Mais à peine a-t-on réussi à faire bouillir l'eau que celle-ci refroidit immédiatement. Je crois avoir enfilé presque tous les vêtements qu'il a dans mon sac.

 

 

            Le temps est décidément trop mauvais, Matthieu décide de ne pas aller plus loin et de redescendre à sa voiture pour renter en France. Moi, il faut bien que je redescende de l'autre coté en vallée et j'appréhende un peu car le topo parle de descendre hors sentier sur des éboulis au milieu de barres rocheuses. Enfin j'essaye de rien en laisser paraître et quitte Matthieu pour commencer à descendre. Heureusement je suis bien vite rassurée car les nombreux passages ont finis pas dessiner nettement un sentier, assez bien cairné. Bien vite je passe sous les nuages et rencontre même deux espagnols qui montent. Décidément, en réalité ce chemin fait plus figure de boulevard ! Tranquillisée, je décide de rejoindre directement le lac de Caillauas en prenant le chemin qui file à flanc de montagne pour aller dormir dans l'abri. Celui-ci est agréable et l'on peut y découvrir d'anciennes installations qui ont servies à l'exploitation du barrage EDF.

 

 

            Arrivée au lac, je rencontre des gens qui me rassurent sur la météo de demain. Une amélioration est prévue. Ouf ! L'abri est assez sommaire : une petite annexe du bâtiment EDF, 4 murs et un toit et une vielle porte métallique qui ferme mal et grince avec le vent. Les personnes rencontrées au barrage viennent me voir et ne cachent pas leur étonnement : « Vous allez vraiment dormir là ? » Comment leur dire que cet abri est une bénédiction avec ce vent qui souffle dehors et la pluie qui tombe encore par intermittence ? Enfin, je m'installe à même le béton sur le sol, je me suis fait une bonne soupe chaude, après les émotions de la journée je n'ai pas trop envie de dormir. Je repense aux 3 semaines qui ont passées dont 2 accompagnées de Bruno et ensuite de Mathieu. Ces rencontres, tout à fait improvisées m'ont beaucoup apportées. J'ai aimé la solitude des premiers jours, pouvoir se retrouver seule face à soi même et accomplir quelque chose, pour soi, sans l'aide d'autrui. Mais pouvoir partager est peut être aussi enrichissant et  je suis heureuse d'avoir connu les deux. Demain, le refuge du portillon et la descente sur le lac d'Oô. Comment se fera le retour à la civilisation après une telle aventure ?

 

Bilan : - 1200 m de dénivelé

 

> vendredi 12 aout



05/03/2006
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